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Loire-Atlantique Jean-Philippe Magnen (EELV) raccroche

2 30.09.2014 05:40
Jean-Philippe Magnen, vice-président du Conseil régional, ne briguera pas de nouveau mandat.

Jean-Philippe Magnen, vice-président du Conseil régional, ne briguera pas de nouveau mandat.

PO/NATHALIE BOURREAU

Dans un courrier adressé hier soir à ses collègues élus du groupe écologiste au conseil régional des Pays de la Loire, le Nantais Jean-Philippe Magnen annonce sa décision de ne pas briguer de nouveau mandat en décembre 2015. "Je ne suis plus l'homme de la situation car mes envies et mes projets sont ailleurs et aussi parce que je ne crois plus en la capacité des partis politiques à changer les choses, y compris le parti écologiste" , écrit-il en précisant vouloir reprendre son métier de "psy" tout en continuant à porter l´idéal écologiste.

Nous publions ci-dessous le texte complet de la lettre envoyée hier soir (lundi 29 septembre) par Jean-Philippe Magnen aux adhérents écologistes sous le titre "Un autre chemin" :

"Chèr-e-s ami-e-s,
Je m’adresse aujourd’hui à vous avec une certaine émotion pour vous faire part d’un choix personnel qui intéresse cependant l’avenir immédiat de notre parti.
Après 15 ans d’engagement chez les écologistes, 13 ans de mandats à Nantes, Nantes Métropole, et à la Région des Pays de la Loire, ayant déjà renoncé à mes mandats locaux en 2014, j’ai décidé de ne pas solliciter l’investiture d’EELV pour les prochaines élections régionales de fin 2015, et donc de ne figurer en aucune place sur la liste que construira notre parti.
Restant adhérent d’EELV, je finirai mon mandat activement, en honorant les engagements pris en 2010. Et je m’appliquerai bien entendu à transmettre mon expérience et mon vécu à celles et ceux qui me succéderont, pour assurer la continuité de l’action.
C’est un choix réfléchi, précis et déterminé, et d’abord une décision personnelle. Je fais le choix à 47 ans de rééquilibrer mes temps de vie. Après 15 années de « vie politique » de presque tous les instants, je vais reprendre une activité professionnelle autour de mon métier de psychothérapeute, à travers un certain nombre de projets que je souhaite mener à l’avenir.
Je reste profondément passionné par « la chose publique ». Je reste plus que jamais attaché au projet écologiste qui est, je le crois intimement, un projet d’avenir, le seul porteur d’un changement de modèle, de paradigme, impératif aujourd’hui pour notre société, pour l’avenir de nos enfants et de notre planète.
Même si ma décision n’est pas directement liée au contexte politique actuel, dont on sait pourtant combien il est délicat et délétère, il me faut admettre en revanche que la vie politique provoque chez moi depuis plusieurs années des déceptions et une insatisfaction récurrentes, y compris au sein des écologistes.
Depuis 15 ans, j’ai été engagé localement, régionalement et nationalement dans notre parti, dont j’ai même été porte-parole national… J’ai donc pu vivre de l’intérieur les dysfonctionnements de la politique telle qu’elle se pratique.
Aujourd’hui, je ne crois plus à la vie politique « traditionnelle », régie uniquement par les partis. Quand nous revendiquions de faire de la politique autrement, il s’avère qu’EELV fait à son tour, et au grand dam de nombreux(ses) d’entre nous, de la politique comme tous les autres partis. Trop contraint, ou trop soumis, aux règles de la communication et du marketing, aux effets pervers des ego débordants, de la recherche du statut social, de la reconnaissance médiatique et de la compétition personnelle… La conquête du pouvoir devient le seul objectif de l’action au détriment du pouvoir d’agir pour améliorer le quotidien des gens et le « vivre ensemble » qui reste l’objectif essentiel de l’engagement politique. Je me suis moi-même parfois pris à ce « jeu », à ce piège. Je suis donc aujourd’hui d’autant plus persuadé qu’il est urgent d’inventer de nouvelles formes d’actions et d’organisations pour féconder la réflexion et l’action politiques.
J’ai tenté, à ma mesure et avec d’autres, de changer les choses de l’intérieur. Aujourd’hui, en analysant cette situation et pour des raisons principalement personnelles, j’estime que ma place est ailleurs. Je n’ai pas, ou je n’ai plus, l’envie de continuer à être un « homme politique » selon la définition actuelle. Je ne suis plus en énergie positive ni en ressource pour continuer à y croire et à agir dans cet environnement-là.
Avec fierté pour les nombreuses réalisations auxquelles j’ai apporté ma contribution (dans le domaine de l’Économie Sociale et Solidaire, des monnaies locales complémentaires, dans le cadre de mon action pour la formation professionnelle et l’emploi, à l’international, à travers la lutte historique contre NDDL et plus globalement pour développer l’écologie concrète…) et sans renier ce que j’ai fait, je vais poursuivre mon chemin ailleurs et autrement.
Réinvesti dans ma sphère privée et professionnelle, je souhaite retrouver une place dans ce qu’on appelle communément la société civile, dans les réseaux de l’ESS justement, dont je suis issu.
Et travailler par exemple avec ceux qui poussent la réflexion sur des scrutins politiques liés aux projets et aux programmes, et non plus uniquement à celles et ceux qui les incarnent.
Et accompagner ces « myriades d’initiatives » vantées par Edgar Morin, déjà dans l’action, largement en avance sur le politique. Je veux amener ma pierre à leurs réalisations, aider à les faire reconnaître comme le fondement du nouveau modèle dont nous avons un besoin impérieux.
Il s’agit pour moi de remettre au premier plan des valeurs très peu présentes, pour ne pas dire de plus en plus absentes, dans la politique : la coopération par exemple… ou l’amour ! : « Réintroduire la question du bonheur et de l’amour dans les relations politiques est une priorité » dit Patrick Viveret… » or l’amour est le gisement énergétique humain le plus fort… il faut donc créer les contextes (de négociation, de groupes de parole, de démocratie locale…) où les gens apprennent, sinon à s’aimer, du moins à sortir des logiques de rivalité et de peur ancrées en nous depuis la nuit des temps ».
C’est dans ce sens que je souhaite reprendre mon métier de psychothérapeute, sous différentes formes, pour accompagner individuellement et collectivement les évolutions, convaincu qu’une société ne peut changer que dans l’interaction entre le changement personnel et le changement social. Je vais aussi m’engager dans l’accompagnement de groupes sociaux dans leur rapport au pouvoir, et à l’international m’impliquer dans la reconstruction des pays en sortie de conflit…
Mon chemin continue.
La direction reste la même.
Seuls le rythme et le véhicule changent.
Je vais continuer, autrement, à cultiver l’espérance.
Bien amicalement à toutes et à tous"

Commentaires (2)

AVEUGLE 44
blanc81-ludo mar, 30/09/2014 - 21:53

En réponse à observateur44 - Enfin une bonne nouvelle !

C'est toi le zadiste, respecte la démocratie et respecte l'opposition car on dirait que l'opposition n'a pas le droit d'exister avec toi; arrete de suivre ton troupeau malade, ta bergère c'est le diable incarné on a vu moult fois son beau sourire crispé et forcé, c'est ca son vrai visage.
Seuls les poissons morts suivent le courant, et tu en fais parti apparemment.
Y a pas plus totalitaire qu'un socialiste, essayez de dire ce que vous pensez quand vous n'etes pas d'accord et ils vous écraseront comme une M.... qu'ils sont.
Il va continuer, ce n'est pas un suiveur comme toi, il veut juste etre en accord avec ses convictions, et pas suivre cette politique qui ont récupérés leur voix (aux verts) en leur faisant un tas de promesses irréalisables juste pour l'électorat.
Les zadistes n'ont besoin de personne pour continuer leur noble combat.

 

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