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Loire-Atlantique Les 70 ans de Presse Océan : les souvenirs de Chaix

0 15.04.2014 15:39
Franck Chaix de la Varene

Franck Chaix de la Varene

Photo SD

À l’occasion de son 70e anniversaire, Presse Océan propose à partir du jeudi 17 avril un hors-série de 148 pages reproduisant 100 unes les plus marquantes de l’histoire (15 € chez votre marchand de journaux habituel). Nous avons également demandé à plusieurs anciens journalistes de la maison de nous confier leurs souvenirs.
Aujourd’hui artiste reconnu, spécialiste de la lugufrulabélosophie, une discipline qu’il a créée de toutes pièces qui consiste à réaliser des œuvres à partir d’étiquettes autocollantes de fruits et légumes, Franck Chaix de la Varene nous a livré ce texte sur ses jeunes années à Presse Océan alors installé rue Santeuil, à Nantes.


Les joies de la locale :
« Juillet 1983 : à la faveur d'un stage d'été imputable, sinon au népotisme du moins au copinage, je découvre les joies de la locale, cornaqué par les excellents Alain-Pierre Daguin et son fidèle Dominique Hervouët, dit Gnâfron. Ma première mission consiste à interviewer le directeur du centre d'action sociale ; j'en rapporte un article de six feuillets qui décide mes coachs à m'envoyer sur le terrain. J'effectue mon unique vol en ULM à la faveur du mondial de la Montgolfière, à Casson".
Homme de nuit :
"Novembre 1983 : alors que je m'apprête à entamer une année de maîtrise en droit, un coup de téléphone m'informe que le poste d'homme de nuit vient de se libérer. Le cahier des charges consiste, en gros, à recenser les accidents de circulation et les crimes crapuleux, survenus ou perpétrés entre l'heure de l'apéritif et celle de la fermeture des boîtes de nuit. On considère en haut lieu que ma pomme y est la bienvenue. Je m'empare de la fonction avec une fierté vorace. Une année durant, six soirs sur sept, je m'installe à 19 heures au bureau qu'occupe en journée l'ambitieux Ivan Rioufol. Durant toute l'année 1984,  le gaillard retrouvera chaque matin sur son IBM à boule un poème dédié à sa légende en marche. Ma tournée vespérale, alternativement téléphonique et véhiculée, me conduit quotidiennement des couloirs de Waldeck-Rousseau à la caserne des pompiers en passant par les Urgences de l'Hôtel-dieu et les concerts du théâtre Graslin. Une explosion due au gaz, un carambolage au toboggan routier de Savenay et une prestation de l'orchestre de Milan sous la baguette de Léo Ferré constitueront les événements saillants de cet exercice vivifiant non moins que formateur".
Les informations générales :
"Juillet 1984 : la période estivale m'offre un fauteuil à l'étage des informations générales. Sous la houlette de Jean-Paul Busnel, j'apprends rapidement que la mission consiste à déchirer proprement les bordures de dépêches AFP tombées sur le téléscripteur, à y remplacer la date par le mot hier, à les recalibrer en sorte qu'elles entrent dans le monstre préformaté de la page 3… et à leur trouver un titre. […]"
« Le scoop » :
"Septembre 1984 : À l'issue de cette incursion dans les étages, je regagne le rez-de-chaussée de la rue Santeuil et continue de célébrer chaque soir la gloire d'Ivan Rioufol. En novembre, l'appel de Paris aura raison de ce sacerdoce et me conduira à refermer la page Presse-O. Le seul scoop dont je puisse me prévaloir au cours de cette période très exaltante consiste à avoir débusqué et interviewé, en exclusivité planétaire, le mystérieux Grognon, dont les graffitis sibyllins et spectaculaires mettaient alors en émoi une société rétive aux charmes du street art (article daté du 4 juillet 1984)".

Le temps béni :
"Même si la vie continue, l'évocation de ce temps béni suscite une indicible nostalgie, assise sur une kyrielle de souvenirs vivaces. Le petit traboule condamné qui dégoulinait vers le quai de la Fosse en partant du fond du bâtiment. La salle des archives photographiques (à gauche dans le couloir du fond) où les tirages papiers formaient un monticule fascinant au sein duquel voisinaient les commémorations de novembre et les paysages insolites, les portraits officiels et les reliquats de dossiers de presse inutilisés, les témoignages de l'érection de la Tour Bretagne et le souvenir de l'incendie de la cathédrale. Les circulations biscornues de cet immeuble composite. La simplicité avec laquelle tout un chacun pouvait, sans montrer patte blanche, accéder au centre névralgique de l'information locale pour y porter son témoignage ou sa doléance. Les balbutiements de l'informatique appliquée – il me semble qu'on appelait ça le système Datox (?). Et l'ineffable Monsieur Mouton, tout droit sorti d'un club de Scrabble, qui tenait lieu de relecteur-correcteur : chaque soir avant le bouclage, ce génie de l'instinct orthographique défilait devant les tables lumineuses inclinées comme des pupitres d'architecte où s'étalaient les épreuves au bromure de la totalité du journal du lendemain […] ».

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