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Mondial 2014 Brasilia, née en 1960 (carnet de bord)

0 30.06.2014 16:46
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Gildas Crozon est l'envoyé spécial des Journaux de Loire au Brésil. Il nous livre son carnet de bord :

1955, hauts plateaux de Goias. Au cœur du Brésil central, sur une terre plus de 1000m d’altitude, une révolution se prépare en plein désert. Elle n’est pas vraiment politique, encore moins sociale. Elle est architecturale, et sort de l’esprit de trois hommes : l’architecte Oscar Niemeyer, l’urbaniste Lucio Costa et le paysagiste Burle-Marx. Brasilia n’est qu’un projet, une idée, pharaonique, impossible. En 1000 jours, le président d’alors, Kubitschek, demande à ses trois cerveaux de concevoir une ville. Que dis-je une ville, une capitale, pour accueillir ses administrations et désengorger la côte.

Le 21 avril 1960 se produit alors ce qui ne peut réellement se concevoir dans l’esprit contemporain : la capitale d’un pays grand comme 4/5e d’Europe sort de terre pour être inaugurée. Comme ça, simplement. Une ville nouvelle, totalement artificielle, comme son lac gigantesque, aujourd’hui décor des restaurants chics pour la jeunesse dorée locale et les touristes. Sans histoire, sans racine, Brasilia est le fruit des imaginations de ses pères. Niemeyer la voulait belle, Costa l’imaginait fonctionnelle. Elle sera futuriste, organisée par la raison, par quartiers : les habitations à la périphérie, avec toutes les commodités à proximité, et les affaires au centre.

 

Découvrir Brasilia un demi-siècle plus tard, c’est encore observer les desseins de l’homme. Les courbes sont partout. Les bâtiments déjà, tantôt majestueux, tantôt délurés, toujours démesurés. Les routes ensuite, tracées en perpendiculaire, et immenses. Il faut imaginer, de chaque côté de l’axe central, cet Eixo Monumental où s’érigent les ministères parfaitement symétriques et rangés, des artères à six voies, à sens unique. Une pure folie qui n’a cours qu’ici. En contrebas de cet Eixo, la cathédrale semble à peine moins excentrique, avec ses contours évasés qui s’ouvrent aux cieux. Tous les alentours ne sont que gigantisme : les centres commerciaux, les distance – à parcourir en taxi, les parvis. Brasilia n’est pas brésilienne car elle est en ordre, vaste et aérée, loin de l’oppressant Sao Paulo. Mais Brasilia est brésilienne, car le soir tombé, l’esprit carioca colonise ce pays artificiel, ce Disneyland pour architectes et photographes. Le jaune et le vert sont partout, Coupe du monde oblige. C’est calme, étrangement calme. On s’y sent étrangement bien, ou bien étrange, l’instant suivant. Rien n’est normal, ici. C’est peut-être bien le Brésil, finalement.


Gildas Crozon

 

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