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Nantes Au tribunal, entre jolis mots d'amour, larmes et cris de colère

0 05.06.2014 10:05
Ce Nantais de 30 ans était jugé en comparution immédiate

Ce Nantais de 30 ans était jugé en comparution immédiate

Photo PO-AHD

Les nerfs à vif, il a parlé fort. Mais il a aussi pleuré. Il a crié sa colère et il a murmuré son amour. Il a demandé à une femme de sortir de sa vie, sur le champ, et à une autre de rester, « s’il te plaît ».


Tout s’est passé en moins d’une demi-heure, devant le tribunal, à Nantes, mercredi. Une classe était venue voir la Justice de plus près. Elle s’est retrouvée plongée avec elle dans une histoire de couple (et de famille) compliquée.

« Nous allons juger une affaire de violences sur concubine », leur avait annoncé la présidente, un peu plus tôt. Peut-être les élèves s’attendaient-ils à rencontrer un autre homme que celui-là. Son impulsivité a transpiré, éclaté même, mais il a su, aussi, se montrer touchant, ce garçon de 30 ans. « Moi, j’essaie de sortir de mon ancienne vie. La prison, c’est fini », a-t-il expliqué, bouleversé, bouleversant. « Tout ce que je me demande, ce sont mes enfants et ma femme, c’est tout. Vous savez, je sais que je ne suis pas un bon gars. J’ai des problèmes de colère. Mais je fais des efforts. Ma vie est difficile, mais je l’aime, ma vie »
Puis, se tournant vers le petit bout de femme qui ne le quitte pas des yeux, depuis le banc des parties civiles. « Je t’aime plus que tout, tu sais. Je ne veux pas vous perdre, toi et les enfants ».  À cet instant, on se demande comment il a pu lever la main sur elle. Soudainement apaisé, son visage a changé.

« Avoir peur de l’homme qu’on aime, ça n’est pas normal »

Sa mère, ce rempart, vient de sortir de la salle d’audience. Après avoir longtemps fulminé, cette femme en rose fluo a fini par quitter le tribunal. Elle a reproché à sa belle-fille de ne pas avoir « tout dit » aux juges, à la barre. Elle a tenté de la pousser à « en dire plus ». C’est elle qui a appelé la police pour dénoncer son fils, le 2 juin. Il venait de la menacer de mort, cette mère, qu’il ne veut plus voir, « jamais », « parce qu’elle m’a fait trop de mal. Elle a pourri mes trente de vie. Et elle cherche encore à s’incruster dans celle que je construis aujourd’hui ! Avec elle dans les parages, ce ne sera jamais possible ! ».


Sa compagne le regarde tendrement. « Oui, il m’a frappée une nuit sur les cuisses et il m’a peut-être donné une claque un jour. Mais vous savez, il se donne beaucoup de mal.  Il a dû arrêter de travailler pour m’aider pendant ma grossesse. J’étais très fatiguée. On se disputait souvent ». Bouleversante, elle aussi : « Je l’aime, mais ça n’était plus vivable. Avoir peur de l’homme qu’on aime, ça n’est pas normal. Mais de la prison, il en a assez fait. Il faut juste qu’il se soigne ».

Il l’écoute, les larmes aux yeux, quand elle ajoute : « J’aurais voulu que les choses se passent différemment ». Il lui répond, tout bas, comme s’ils n’étaient que tous les deux à ce moment-là : « Et je vais aller où tu crois ? »


« C’est vrai, au vu de ce dossier et des antécédents de Monsieur,  il aurait été simple pour moi de requérir huit mois fermes », commence pourtant le procureur. « Mais il s’est débattu longtemps avec sa vie, la société et la Justice. J’ai vu son émotion et j’ai entendu ses explications », poursuit Pierre Dupire. « Il se met en faute et c’est dommage. Il doit calmer sa colère et ses angoisses. » Il a été condamné à un an de prison, dont 6 mois assortis d’un sursis mise à l’épreuve. Le prévenu n’a pas été écroué à l’issue de l’audience. Il devra cependant quitter le domicile conjugal et ne plus voir sa mère. 

Anne-Hélène Dorison

 

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