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Nantes Au tribunal, les hurlements d'un père, les pleurs de ses enfants

0 18.05.2017 19:26
Un père de famille a été reconnu coupable de "violences psychologiques " ce jeudi à Nantes.

Un père de famille a été reconnu coupable de "violences psychologiques " ce jeudi à Nantes.

Photo illustration PO-NB

Ce jeudi, un informaticien de 46 ans était jugé pour "violences psychologiques" sur son ancienne compagne et sur ses enfants, âgés de 9 ans. Il a été condamné.  


« Votre mère, je la vomis, c’est une merde. Elle n’est rien ».

Il dit avoir encore du mal à le croire aujourd’hui, mais le prévenu, 46 ans, doit bien l'admettre ce jeudi : ces mots, dégradants, humiliants, c’est bien lui, cet informaticien de talent, cet « homme si gentil », ce « gendre idéal », qui les a prononcés devant ses filles, âgées de 9 ans.


Le haut-parleur de la salle des comparutions immédiates vient de plonger le tribunal au cœur d’une éprouvante scène de famille, qui s’est déroulée il y a quelques mois, dans l’intimité d’une maison de l’agglomération nantaise.

A son insu, ce jour-là, sa compagne avait mis en route le dictaphone de son téléphone portable. L’appareil a enregistré les hurlements de celui qu’elle avait aimé. « Mais range ta merde (tes jouets, ndlr) ! Tu te fous de ma gueule, hein ? Ton vélo, je vais le vendre ! Mais range ta merde je te dis !»  Il a enregistré, aussi, les cris de ses enfants. « S'il te plaît, papa, j'ai rien fait papa... »  Et les prières de la mère : "Ne lui fais pas mal hein! Tu lui fais mal !"

Quinze longues minutes de colère. Quinze minutes de cris. Et autant de larmes.

 

"Ça me choque d'entendre ça"

 

A la barre, le père, devenu prévenu, baisse la tête. Assise non loin de lui, sur le banc de la partie civile, la mère de ses enfants essuie des larmes. Jamais leurs regards ne se croiseront pendant l'audience. « Quand j'ai entendu ces enregistrements pour la première fois en garde à vue, j'avais l'impression que ce n'était pas moi",  dit-il, d’une voix très douce au tribunal.

« Ça me choque d'entendre ça. C'est terrible. J'ai pris conscience qu'il fallait que je fasse un travail sur moi. Je les aime, mes enfants. Mais notre couple allait si mal... Il y avait tellement de tensions à la maison...»

Leur maison, elle l’a finalement quittée, sans se retourner, avec ses enfants en janvier, avant d’aller déposer plainte et demander de l’aide à une association. Il ne les a plus revues, ni elle, ni ses filles, depuis ce jour. Les médecins ont délivré 30 jours d’ITT à la mère de ses enfants, qui a dénoncé des "violences psychologiques". Ils ont observé chez elle "une usure psychique", "une détresse morale intense", "un effondrement narcissique" et « une perte de confiance en soi majeure ».

 

"Moralement, j'étais à bout"


«Au debut, je minimisais.Je voulais croire que ça irait mieux. Et puis je me disais qu'il présentait trop bien, que personne ne me croirait", explique-t-elle au tribunal. Mais des proches m’ont conseillé de protéger mes enfants. « Moralement, j'étais à bout. Ça criait. Ça hurlait. Tout le temps. Tout le temps..."

Le tribunal a condamné le prévenu à 12 mois de prison assortis d'un sursis mise à l'épreuve de 24 mois, conformément aux réquisitions du procureur, qui a vu en lui "un tyran".  La défense, elle, avait rappelé que cet homme est déjà "dans une vraie prise de conscience". 

Il devra suivre des stages de sensibilisation et s’est vu notifier une obligation de soins. Il lui est par ailleurs interdit d'entrer en relation avec son ancienne compagne. Le juge aux affaires familiales lui a accordé de voir ses filles, une fois par mois, dans le cadre d’une rencontre médiatisée. 

 

 

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