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Nantes Aux assises, "J'aurais voulu savoir pourquoi il a tué mon père "

0 22.05.2014 13:05
La défense plaidera à 14 h ce jeudi.

La défense plaidera à 14 h ce jeudi.

Photo PO-NB

 « Je voulais juste faire comprendre que mon papa me manque. »

A la barre ce jeudi matin, une jeune femme aux cheveux blonds bouclés étouffe des sanglots. Aux jurés, elle vient parler de son père, tué une nuit de janvier 2012, dans le quartier du Clos-Toreau, à Nantes.

 

De cet homme, ils ne voyaient jusqu'alors qu’un corps, agonisant, dans une grande mare de sang, à la porte d'un sinistre appartement. Mais en écoutant ses proches, et cette jeune femme notamment, ils voient désormais un homme sportif, un père aimant, un visage souriant, qui ne "méritait pas de finir comme ça".

« Il était carré, généreux, travailleur, droit », se rappellent ses proches. Et « il adorait sa fille », insiste la sœur du défunt.

Cette fille qu’il ne voyait pas assez souvent à son goût, après une séparation. Elle regrette de n’avoir pas passé plus de temps avec ce père, qu’elle aimait « fort », elle aussi. Elle n’en passera plus. Jamais. Elle pleure doucement. « Vous savez, nous étions nés le même jour, lui et moi », explique encore cette adolescente, âgée de 17 ans. « Et à chaque anniversaire, je me dis que je vais devoir grandir sans lui. Maintenant, je sais aussi que je vais devoir grandir sans réponse. »

 

Il avait 40 ans quand le voisin l’a frappé une fois, à la base du cou, sans que les débats n'aient permis d'établir pourquoi. Il est là, ce voisin. Assis dans le box, ce Nantais de 42 ans comparaît depuis mardi pour « meurtre ». A ses côtés, sa compagne de l’époque, elle, est jugée pour « non-assistance à personne en péril ». Ivres, ni l’un ni l’autre n’ont cherché à joindre les secours cette nuit-là. Et aucun ne sait expliquer pourquoi la violence a déferlé. « J’aurais voulu savoir », regrette la jeune femme. « Pourquoi il l’a tué ? Et pourquoi elle n’a rien fait ? »

 

Dans le box, les accusés gardent la tête baissée.


 Dix ans de réclusion criminelle requis


L’avocat général a demandé ce jeudi matin la condamnation de ce couple enfermé dans «  un égoïsme inhumain », pour reprendre les mots de Me Franck Boëzec, l’un des avocats de la partie civile.

 

Gaël Surel a requis deux ans de prison avec sursis à l’encontre de l’accusée. Et dix ans de réclusion criminelle à l’encontre de l’auteur du coup de couteau mortel.

Leurs avocats, Me Loïc Cabioch et Me Olivier Méchinaud, vont plaider pour la défense à 14 h. Le verdict est attendu en fin d’après-midi.

 

Anne-Hélène Dorison

 

 

 

 

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