Nantes Aux assises, le récit bouleversant d'un enfant torturé par ses parents

0 13.02.2013 15:13

Nantes : de gauche à droite, Me Branquet, Me Bourgeois et Me De Oliveira, avocats des parties civiles.

Photo PO-AHD

Il n'avait pas pu venir témoigner mardi, au deuxième jour du procès de ses parents, devant la cour d'assise de Loire-Atlantique.

Son père est jugé pour l'avoir torturé et avoir commis sur ce petit bonhomme, qui était alors un enfant, des actes de barbarie, entre 2007 et 2010, au Sud de Nantes. Il comparaît également pour des faits de viols. Il encourt 30 ans de réclusion criminelle. Sa mère, elle, est jugée pour "non-dénonciation de crime et de privations". Elle risque 3 ans de prison.

Au cours des débats, les jurés ont entendu le pire, depuis . La litanie des châtiments infligés à ce petit garçon a parfois fait frémir l'assistance. Il a été enroulé dans du cellophane, il a été obligé de boire son urine, il a été étranglé et hissé contre le mur jusqu'à l'évanouissement, sa tête a été plongée dans l'eau froide, il a été privé de nourriture pendant deux jours, parfois, il a été "traîné par les jambes", comme il dit...

 "Ils m'ont fait des choses graves"

 Et ce mercredi, juste avant la clôture des débats, le voilà à la barre, courageux. Jusqu'au bout. "Pourquoi t'es tu enfui de la maison pour te réfugier chez ta tante en 2010 ?", lui demande le président. "Ben parce que j'en avais marre d'être frappé par mon père et ma mère", répond-il. "C'était un peu comme de la torture. Ils m'ont fait des choses graves. Ce qu'on ne devrait pas faire. Il me tirait les bras et les jambes jusqu'à ce que j'en pouvais plus...Ou ma mère, elle me tenait un peu les membres et mon père, il m'enroulait et me mettait sous l'eau froide. Ou alors on me faisait l'écart. L'un tenait un bout et l'autre aussi..."

"Tu as aussi été victime d'étranglement. Qui t'a fait cela ?", poursuit le président. "Ben mon père et ma mère un petit peu... Ou alors elle l'écourageait..."

Le président, toujours : "Et pourquoi te faisait-on cela ?" Lui : "J'sais pas trop. J'aimerais bien comprendre pourquoi."

- "Et tu n'avais pas toujours de cadeaux à Noël?"

- "Ben non j'avais pas de cadeaux ou alors ils étaient brûlés dans le jardin parfois".

 "J'étais un peu leur souffre-douleur"

- "Tu sais pourquoi ?", poursuit le président.

-"Y'avait pas trop de raisons. Sinon, c'étaient des raisons bidon"

-"Tu n'en avais parlé à personne avant de t'enfuir ?"

-"Oh ben pas trop. J'avais peur que ça se retourne contre moi. Je serais tapé encore plus. J'étais un peu leur souffre-douleur, mais je sais pas trop comment expliquer ça".

-"Et aujourd'hui tu veux oublier un peu tout cela ?"

- "Ah ouais!"

 "Je suis content de les avoir dénoncés"

-"Et comment tu vis le procès aujourd'hui ?", demande le président.

-"Je suis content de les avoir dénoncés. J'ai pas de regret. Je suis content qu'ils soient condamnés maintenant. Enfin, je l'espère...J'aimerais qu'ils soient autant condamnés l'un que l'autre. En gros, c'était un peu comme si elle (sa mère, ndlr) était avec lui (son père)".

Le président : -"Mais tu sais que ça n'est pas possible... (3 ans de prison ont été requis quelques minutes plus tard, ce mercredi, à l'encontre de la mère jugée pour dénonciation et 30 ans de réclusion à l'encontre du père). Tu ne les as pas revus depuis que tu as fugué. Tu voudras les revoir après ?"

-"Non. J'ai pas envie de les revoir. C'est comme si je les avais oubliés".

-"Et que veux-tu faire comme métier plus tard ?"

-"Je sais pas trop. En tous cas, je ferai pas la même bêtise que mes parents, ça, c'est sûr".

Le verdict est attendu ce mercredi, en fin de journée.

Anne-Hélène Dorison

Lire le compte-rendu du procès dans Presse Océan demain jeudi

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