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Nantes Féministes contre "pères-grues"

1 19.02.2013 19:42
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Aussitôt descendu de la grue jaune lundi vers 18h20, Serge Charnay lançait aux nombreux médias présents sur l'île de Nantes, des propos... qui depuis font polémique.

Le père : "Ces bonnes femmes..."

"Ce qui m'énerve le plus, c'est que la cause des papas n'est pas entendue,que les femmes qui nous gouvernent se foutent toujours de la gueule des papas et qu'il va falloir se battre beaucoup plus", déclarait ainsi ce père séparé après plus de trois jours passés perché à 40m de hauteur

"Ces bonnes femmes pensent que l’on ne peut pas changer une couche", ajoutait-il (voir vidéo Presse Océan ci-dessus). Sans surprise, les critiques ont fusé...

"Je déplore ces propos, je pense qu’il se déconsidère, qu'il rallume une guerre des sexes" réagissait ainsi Dominique Bertinotti, ministre de la Famille lundi soir sur BFM-TV.

 "Assez de manipulations !" (FNSF)

Ce mardi, les associations féministes expriment leur colère.

Furieuses, parce qu'elles estiment que l'action du père relève d'une "manipulation" aux relents machistes et que sa situation n'est en rien représentative de celle des pères divorcés.

"Assez de manipulations du haut des grues !", a réagi la Fédération nationale Solidarité Femmes (FNSF), spécialisée dans la protection des femmes battues, tandis qu'"Osez le féminisme (OLF) se disait "abasourdie par l'audience" consacrée à l'action de ce père privé de droit de visite par la justice.

M. Charnay a été condamné pour "violences", "soustraction d'enfant" et "menaces", selon l'avocate de son ex-compagne. Il a fait appel.

"Les pères violents ne sont pas des victimes", souligne la FNSF et "les opérations "coups de poing" telles que celles des grues, effacent leur responsabilité dans des actes graves". Des "idées nauséabondes (...) se cachent derrière leur "lutte"", insiste OLF, qualifiant l'association SOS Papa de "réactionnaire" et "anti-féministe". La Ligue du droit international des femmes fustige "les commentaires indignés et caricaturaux à l'encontre d'une justice qui (...) donnerait systématiquement la garde à la mère".

"La victimisation a assez duré" (SOS les Mamans)

Serge Charnay avait inscrit en haut de la grue "sauver les enfants de la justice" et dit se battre "pour la cause des pères et pas pour (son) cas personnel". Il demande aussi, avec les associations, que la garde alternée entre soit plus souvent décidée. SOS Papa milite aussi pour la "déjudiciarisation" du divorce, une aberration pour les féministes.

Actuellement, quand la justice est appelée à décider, elle confie la garde à la mère dans 72,1% des cas (contre 79,1% en 2004). La garde alternée (une semaine chez l'un, une semaine chez l'autre) est décidée dans 15 à 20% des cas. Pour autant, "la victimisation a assez duré", plaide l'association SOS les Mamans, qui souligne que la majorité des pères ne demandent pas la garde.

Pour le réalisateur Patric Jean, porte-parole du groupe "Zéromacho", l'action de Serge Charnay "rappelle étrangement des actions organisées par des groupes d'hommes anglais et québécois de "Fathers for justice"", ("Pères pour la justice"), comme il l'écrit dans une tribune parue sur lemonde.fr.

Le "masculinisme" comme idéologie ?

En 2005, un militant canadien de l'association britannique "Fathers4Justice" avait escaladé un pont à Québec pour sensibiliser l'opinion à la cause des pères séparés de leurs enfants. Pour M. Jean, qui dit les avoir infiltrés au Québec, ces "militants de la cause masculine" véhiculent une idéologie, le "masculinisme", qui "propose le rétablissement de valeurs patriarcales sans compromis" et refusent l'égalité.

Selon le cinéaste, le cas nantais "n'est en rien un coup de folie d'un père isolé" mais "un long travail politique qui n'en est qu'à son début". La philosophe Michèle Le Doeuff, directrice de recherches au CNRS et qui contribua à définir le "masculinisme" dans un ouvrage de 1989, "sent une présence extraordinaire" de cette pensée aujourd'hui en France, véhiculée selon elle notamment par des associations de défense des pères.

Interrogée par l'AFP, l'organisation réfute vigoureusement l'étiquette d'anti-féministe car elle est dirigée par une femme. "Ils sont un peu mon modèle (...), j'aime beaucoup ce qu'ils font", déclare à l'AFP Serge Charnay, même s'il assure ne pas avoir été inspiré par l'exemple du pont. Mais "je ne suis pas misogyne", poursuit-il, en affirmant son admiration pour les féministes des années 70 mais son peu de sympathie pour les militantes actuelles.

Manif mercredi à Nantes

Serge Charnay affirmait lundi vouloir continuer son combat pour les droits des pères.

Il sera présent ce mercredi à la manifestation qu'il a lui-même organisée à Nantes "pour les 6 ans et demi de (son) fils".

Avec AFP

Commentaires (1)

Nettoyage
Mike_ mar, 19/02/2013 - 22:16

Et à part tout cela, est-ce qu'on lui fera payer le nettoyage de la grue qu'il a taguée ? La nacelle qui a été déplacée ? Ou bien est-ce que c'est le contribuable nantais qui sera mis encore (et encore, et encore...) à contribution ?

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