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Nantes L’hommage de Luc Vidal et de Morice Bénin à Hélène Cadou

0 23.06.2014 18:22
Hélène et René Guy Cadou, les jours heureux

Hélène et René Guy Cadou, les jours heureux

La poétesse nantaise Hélène Cadou, femme de René Guy Cadou (1920-1951) qui est décédée ce week-end, sera inhumée le vendredi 27 juin au cimetière de la Bouteillerie à Nantes. Ce même jour, un hommage public sera rendu à la mairie de Nantes en présence du maire à 17 h 30, salle Bellamy.

Deux auteurs lui rendent hommage

Luc Vidal, directeur des éditions du Petit-Véhicule

« Après la sortie de la Revue 303 – Cadou, Bérimont et l’école de Rochefort ( avec le Conseil régional des pays de Loire), la réalisation du film René Guy Cadou ou les visages de solitude avec Emilien Awada (Cinergie Production & TéléNantes), Une émission sur France Culture consacrée à Cadou (émission de Sophie Nauleau, ça rime à quoi ? et dernièrement le cahier d’étude des poètes de l’Ecole de Rochefort-sur-Loire n°4 : René Guy & Hélène Cadou poésie et éternité (Université permanente de Nantes avec Georges Fargeas et  le Petit véhicule), nous continuerons à travailler pour les oeuvres croisées de René Guy et Hélène Cadou, deux grands de la poésie française. Le Pays  Bleu de René Guy ouvre sa frontière au pays blanc d’hélène ( lisez ce pays chez Rougerie éditeur et Brémont pour l’essentiel). Les deux poèmes vivent  l’amble désormais au-delà des lisières. Voici une lettre de Benin avec qui nous avons réalisé trois albums sur Cadou . Nous reviendrons sur l’ensemble de nos travaux. Pour Hélène, infiniment et orphiquement....

Morice Bénin, chanteur, compositeur et interprète

« Hélène…

 Première rencontre en 1984 (trente ans presque pile), grâce au passeur Luc (Vidal), mon guide dans la découverte de la poésie de Cadou, quelques mois en amont. Cela s’est passé sous les auspices bienveillants de Roger Toulouse, ami peintre des Cadou…

Fulgurance du regard. Radieux, pénétrant, timide, et ce sourire perpétuel aux coins des lèvres, comme une invitation…
Pour tout prologue, je chante « Hélène » et « Je t’attendais ». Le silence qui suit est perceptible, comme un doux refuge à l’émotion qui plane dans la petite pièce. Quelques larmes coulent sur le visage d’Hélène. Le temps est suspendu. Son regard demeure aussi vif et pénétrant, et le seul mot qui émane d’elle est : « Merci… ». Je le reçois comme un doux assentiment protecteur, moi qui ai osé ce jour là faire chanter les mots de Cadou, en présence même de sa muse inspiratrice !

Voila pour cette première fois… Ensuite, la bienveillance d’Hélène, pudique, ébouriffée parfois de reconnaissance, ne s’est jamais tarie. Elle aimait la vie, le puits profonds de la poésie, le genre humain et son René, d’une même gerbe, d’un même élan. Lumineuse malgré elle dans sa parure de veuve éternelle, ou plutôt d’éternelle fiancée avec son beau prince en poésie parti trop tôt…

Je lui dois cette fidélité à ce qui nous fonde chacun : Cette face de lumière en nous. Hors du temps, des modes, des sirènes nonchalantes de nos démesures contemporaines. Hélène demeurait courtoise, distante, dans ses allures de dame du siècle dernier.

Elle devait bien sentir voleter au-dessus d’elle une nuée d’anges malicieux (son regard pétillait si souvent !)… J’en arrivais plus tard, dans les années 90, à poser mon chant sur les mots d’Hélène aussi, conscient de leur valeur limpide. A présent, Hélène et René se sont rejoints. Ce doit être la douce fête au paradis… A moins qu’ils n’en aient profité pour poser l’acte d’une escapade, lui qui lui « avait donné rendez-vous dans le ciel pour des promenades éternelles » (17 juin 1943).
Je suis ému de leurs retrouvailles, mais aussi, un peu plus responsable d’appartenir au petit carré de passeurs, désormais…

Morice Benin, le 23 juin 2014.

 

 

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