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Nantes Plus douloureuse l'IVG par médicaments ? L'étude d'un chercheur nantais

0 18.11.2016 13:46
Philippe David, chef de service du centre IVG de la clinique Jules-Verne de Nantes a piloté l'étude.

Philippe David, chef de service du centre IVG de la clinique Jules-Verne de Nantes a piloté l'étude.

Archives PO/NATHALIE BOURREAU

L'IVG médicamenteuse, méthode de plus en plus utilisée à l'hôpital, peut être beaucoup plus douloureuse dans certains cas, démontre une étude pilotée par le docteur Philippe David, chef de service à la clinique Jules-Verne de Nantes.

Douleurs très intenses, saignements abondants... L'IVG médicamenteuse, méthode d'avortement de plus en plus utilisée, peut avoir d'importants effets secondaires dont les femmes ne sont pas toujours suffisamment informées, montre une étude publiée vendredi.

Plus d'un quart (27%) des femmes ayant réalisé une interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse a perçu "des douleurs très intenses" (notées 8 ou plus sur une échelle de 10) et un tiers a eu des saignements qui leur ont paru "inquiétants" ou "très inquiétants", montre une enquête menée par deux épidémiologistes de l'Inserm auprès de 453 femmes, et présentée vendredi par la Fondation de l'avenir.

Et beaucoup expliquent qu'"elles auraient préféré être davantage informées, notamment sur les saignements", a précisé à l'AFP Marie-Josèphe Saurel-Cubizolles, co-auteure de l'étude.

Ces résultats contrastent avec "l'idée générale dans le public et le milieu hospitalier où l'IVG médicamenteuse est perçue comme simple, facile d'accès, rapide. La douleur n'était pas du tout étudiée", a souligné Philippe David, chef de service du centre IVG de la clinique Jules-Verne de Nantes, qui a piloté l'étude.

Des effets secondaires à ne pas banaliser

Autorisée depuis 1990, la technique médicamenteuse a représenté plus de la moitié (57%) des IVG réalisées en 2015, selon la direction études et statistiques du ministère des Affaires sociales. Elle consiste à prendre un médicament qui bloque le développement de la grossesse puis, 36 à 48 heures plus tard, un autre qui déclenche l'expulsion. Elle peut être pratiquée jusqu'à 5 semaines de grossesse (et jusqu'à 7 semaines en établissement de santé).

Par rapport à la méthode par aspiration, réalisée à l'hôpital, la technique médicamenteuse est plus "simple", ne comporte pas de geste intrusif ni d'anesthésie, et la femme est dans le cadre familier de son domicile, reconnaît le Dr David. Mais il ne faut pas pour autant la "systématiser", "il est important que les femmes aient le choix et qu'on prenne en compte la situation de chacune", a-t-il expliqué à l'AFP.

Nécessité d'une prise en charge plus puissante de la douleur

La durée du processus et le risque d'isolement doivent notamment être pris en compte. Selon l'étude, la douleur est plus forte chez les femmes n'ayant jamais été enceintes auparavant ou qui ont habituellement des règles douloureuses. Celles qui ont reçu un seul comprimé de mifépristone (le 1er des deux médicaments) ont aussi souffert davantage que celles qui en ont pris trois. L'enquête montre aussi que les antalgiques ne les ont que "moyennement" soulagées.

Très peu ont pris des antalgiques puissants, la plupart s'étant contentées de paracétamol ou d'anti-inflammatoires. "Il faudrait avoir des protocoles de prise en charge de la douleur beaucoup plus puissants", a souligné Mme Saurel-Cubizolles.

Le recours à l'avortement reste stable en France, avec environ 220.000 IVG pratiquées en 2015. 

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