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Nantes Mort subite: le CHU à la pointe de la recherche pour sauver des vies

0 25.10.2015 21:00
Florent, qui vit avec un défibrillateur depuis le mois d'août, lors d'une consultation avec le Pr Probst.

Florent, qui vit avec un défibrillateur depuis le mois d'août, lors d'une consultation avec le Pr Probst.

Photo PO-NATHALIE BOURREAU

Le CHU de Nantes est à la pointe de la recherche dans le domaine de la mort subite de sujets ayant moins de 45 ans. Les décès inexpliqués font l’objet d’analyses permettant de prévenir d’autres morts.

Ça commence par un drame, le 27 novembre. La mort d’un homme de 34 ans, paraissant en pleine forme. Courant joyeusement, le soir de sa disparition, derrière la poussette de son petit dernier. Foudroyé une poignée d’heures plus tard. « Il n’y a eu aucun signe particulier, rapporte Florent, agriculteur et frère aîné de la victime. On finissait les récoltes de maïs. On s’est parlé la dernière fois à 19 heures, tout allait bien. À 23 heures, il n’était plus là… »

Arrêt cardiaque a priori imprévisible. « La femme de mon frère m’a appelé, affolée, pour me dire : « David fait un drôle de bruit et je n’arrive pas à le réveiller. » J’ai filé chez eux. J’ai mis mon frère par terre, je l’ai massé. Il a été choqué dix fois par les pompiers. En vain. »

Du fait du caractère subit du décès, une autopsie est diligentée. La mort naturelle est établie. Sans apporter d’explications. Poussé par son épouse, Florent, 42 ans, prend rendez-vous avec un cardiologue. Les différents examens diligentés ne révèlent aucun trouble. Mais un doute subsiste. Un test d’effort sur vélo détecte une anomalie infime, met en évidence le syndrome de Brugada, pathologie cardiaque, rare et héréditaire.

Au même moment, l’institut du thorax du CHU de Nantes, qui a eu connaissance du dossier du défunt, entre en contact avec les membres de sa famille pour proposer « aux apparentés du 1er degré un test de dépistage pharmacologique » visant à identifier ou non l’existence d’une pathologie génétique. « Les médecins suspectaient que j’étais porteur du syndrome, confie Florent. Ils ne se sont pas trompés. J’ai réagi immédiatement au test. En fait, c’est mon père qui est porteur de la maladie. Et moi, comme David, je suis davantage exposé à un pépin cardiaque. »

Le diagnostic posé, des traitements sont proposés. Du fait de la gravité de son cas, Florent se voit proposer l’implantation d’un défibrillateur. « J’aurais été célibataire, je ne sais pas si j’aurais franchi le pas. Ma femme m’a dit : « Tu le mets ». On a trois enfants en bas âge. »

Sentinelle

Depuis le 19 août, Florent vit avec une sonde enregistrant en permanence son rythme cardiaque. « C’est comme une sentinelle. Si elle détecte une défaillance, elle envoie un choc électrique pour redonner au cœur un rythme normal. L’intensité est 10 à 20 fois plus forte qu’une clôture électrique pour bovins ! » L’ange-gardien logeant sous sa peau ne « servira peut-être jamais. Mais si le défibrillateur entre en action, mon frère m’aura sauvé la vie ».

La mort subite du sujet jeune (moins de 45 ans) représente « 50 000 victimes par an en France, rappelle le Professeur Vincent Probst, chef du service de cardiologie de l’institut du thorax (hôpital Laennec) et responsable du centre de référence des maladies rythmiques héréditaires. C’est près de 10 fois plus que les accidents de la route. » D’où l’importance de la prévention pour « dépister les sujets à risques » et « soigner les pathologies identifiées ».

Dossier complet dans Presse Océan ce lundi 26 octobre.

 

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