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Nantes Retour sur l’incroyable histoire de Stéphane Goetz, « l’écorché vif »

0 26.09.2014 14:57
A 15 ans, Stéphane Goetz connaît sa première incarcération

A 15 ans, Stéphane Goetz connaît sa première incarcération

Photo DR

Fin de cavale.

Ce vendredi, il est de nouveau enfermé, quelque part en Hollande. Grâce à un travail de « collaboration entre les services de police locaux » et l'Office central de lutte contre le crime organisé (Oclo) de la police judiciaire française, Stéphane Goetz, 28 ans, a été rattrapé (comme le révélait Presse Océan ce matin). Ces dix mois de liberté volée risquent de lui coûter cher. Il le sait.

Passé les formalités judiciaires, il devra retourner derrière les barreaux. La procédure d’extradition – qu’il peut refuser – peut nécessiter plusieurs semaines.  Il sera ensuite présenté à un juge des libertés et de la détention, à Paris, sans doute. Il pourra ensuite être transféré à Nantes et présenté au magistrat instructeur, qui voudra l’interroger sur l’évasion avec usage d’une arme et sur les faits de violences commis sur les agents pénitentiaires, au CHU de Nantes, en novembre 2013.

"Mauvaises fréquentations"

Il était incarcéré à Nantes depuis peu, quand il s’est fait la belle, ce jour-là. Stéphane Goetz arrivait de la maison d’arrêt de Mans, après avoir été écroué à Rennes. « Il était un détenu retors, vraiment dur à gérer pour les agents », raconte un homme qui l’a côtoyé, depuis ses premiers faits de délinquance. Ca remonte. Et pour tout dire, même lui s’y perd.


Stéphane Goetz est né à Nancy. À 12 ans,  il arrive à Brest, dans le quartier populaire de Pontanezen. C’est là que l’histoire dérape. L’ado « au grand cœur » arrête l'école dès la sixième. Il fugue. Souvent. Dans le quartier, il se taille la réputation de petit caïd. « Ce garçon est un écorché vif, toujours en rébellion »,  confie celui qui l’a vu grandir. « Il a fait de très mauvaises rencontres au mauvais moment… »


Il inspire la crainte


La Justice fait bientôt sa connaissance. Alors qu’il est mineur,  il est envoyé pour des séjours de rupture en Espagne et en République dominicaine. Mais il en revient plus dur encore.

Sa carrure en impose. Il est taiseux. Il inspire la crainte. Et la Justice entend, encore et encore, parler de lui. Violences, trafics, vols, recels, escroquerie… Les condamnations se multiplient.
Mais jusqu’ici, il n’est impliqué que dans des délits. À 20 ans, il s’enfonce un peu plus encore dans la délinquance, jusqu’à basculer dans le crime.


À l’été 2010, un matin, en Bretagne, deux hommes portant des capuches volent l'Audi S4 break du patron de la concession Audi. Le propriétaire et le chef d'atelier tentent de les en empêcher. Mais l'employé se retrouve avec le canon d'un pistolet sur le front. Stéphane Goetz sera condamné à deux ans de prison. Il voudra vite en sortir.

Peu après, dans sa cellule, à Nantes, il avale des lames de rasoir et il est conduit en chambre médicalisée au CHU de Nantes. Il malmène un gendarme, et réussit à s’enfuir, avant d’être rattrapé, en caleçon, dans les rues de Nantes quelques minutes plus tard.

Tentative d'assassinat


À cette époque, il est également mis en examen à Rennes. Sur fond de trafic de stups, il est soupçonné d’être mêlé à une violente histoire de séquestration. Un homme a été jeté dans une poubelle. Une chasse s’est engagée avec les gendarmes. Une fusillade a éclaté. Il est mis en examen, avec un autre homme… qui réussira à s’évader de la maison d’arrêt de Rennes !


En 2012, il a 25 ans. Et il est condamné pour tentative d'assassinat. Les jurés du Finistère l'ont reconnu coupable d'avoir, cinq ans plus tôt, tiré trois balles de 9 mm en direction d'un trafiquant de Pontanezen, dans un cybercafé de Brest.


Ce n’est pas terminé. Alors qu’il est incarcéré à Rennes, Stéphane Goetz se trouve dans un couloir central du centre pénitentiaire de Rennes-Vezin. Il n'a rien à y faire. Un autre détenu, armé d’un tesson de bouteille, reçoit des coups de couteau. Ses blessures nécessitent une brève hospitalisation. Une nouvelle fois, le Brestois est mis en examen pour « tentative d’assassinat ». Son casier recense déjà 23 condamnations.

 

« Je n’avais jamais vu une telle rage de partir »


Le détenu, classé niveau 3, « particulièrement signalé » et jugé « dangereux » est transféré à la maison d’arrêt du Mans. Puis, à Nantes…  Il a 27 ans. Il va bientôt préparer un nouveau plan, pour tenter de se faire la belle. Le 27 novembre, il s’arrange pour être conduit au CHU de Nantes, pour y passer des radios, après une blessure à la cheville. Dans l’attelle, il a caché une lame de cutter. Il blesse deux gardiens. Grâce à une languette de canette, il se défait de ses menottes. Dehors, il essaie de voler la voiture d’un automobiliste avant de grimper sur le siège passager d’un scooter, piloté par un complice… « Je n’avais jamais vu une telle rage de partir », avait commenté, peu après, un surveillant qui avait été témoin de cette évasion.


C’était il y a dix mois. Les enquêteurs pensent aujourd’hui qu’il a rapidement rejoint les Pays-Bas, où il avait des contacts et des points de chute. Il se murmure que Stéphane Goetz est devenu papa et que c’est peut-être notamment pour cette raison qu’il s’est évadé. Il encourt aujourd’hui une très lourde peine de prison, qu’il effectuera assurément sous très très haute surveillance. Et sans possibilité de parloir, sans doute.


Anne-Hélène Dorison

 

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