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Nantes Pourquoi il n'y aura pas de rassemblement un an après Charlie

0 08.01.2016 14:47
Jean-Michel Nagat regrette : "le Je suis Charlie est un peu oublié."

Jean-Michel Nagat regrette : "le Je suis Charlie est un peu oublié."

Archives PO/Jean-Pascal Hamida

Un an après la tuerie de Charlie Hebdo, le club de la presse n'a plus l'envie de mobiliser à nouveau au nom de la liberté de la presse. Son président Jean-Michel Nagat explique pourquoi.

Au soir de la tuerie à Charlie Hebdo, mercredi 7 janvier 2015, plusieurs milliers de personnes avaient investi de manière spontanée la place Royale, à Nantes, au nom de la liberté d'expression, à l'appel du club de la presse de Nantes

Presse Océan : "Avez-vous prévu une manifestation similaire, pour comémorer les un an des attentats ?"

Jean-Michel Nagat : "Non, on n'est pas parti sur l'idée d'un rassemblement. Ce qui s'est passé le 7 janvier s'est fait spontanément. Et le 13 novembre 2015 est passé par là, ça a changé un peu la nature des choses".

Presse Océan : "Que voulez-vous dire par là ?"

Jean-Michel Nagat : "A lire ou entendre les commentaires aujourd'hui de certains journalistes ou éditorialistes nationaux, et d'hommes politiques affirmant que "Charlie" n'a jamais été leur journal et se permettant de le critiquer ouvertement, on dirait qu'ils ont complètement oublié les principes qu'ils défendaient à l'époque. C'est comme s'ils avaient changé de point de vue tout à coup, ils ont la mémoire courte..."

Presse Océan : "Vous ne ferez rien alors ?"

Jean-Michel Nagat : "La liberté d'expression reste un combat du quotidien. On est plus parti sur l'organisation d'un débat, d'une table ronde, pour faire intervenir les uns et les autres sur le thème de la liberté d'expression. Mais là encore, nous pensons que ce n'est pas le bon moment". 

Presse Océan : "Pourquoi ?"

Jean-Michel Nagat : "Le 13 novembre et le résultat des élections régionales m'ont refroidi un peu. Nous ne sommes plus dans l'émotion immédiate. En plein débat sécuritaire, j'ai peur qu'un débat sur le "vivre ensemble" ne dérive sur les thématiques des attentats, des religions, de l'identité... Ce n'est peut-être pas la bonne période pour parler de la liberté de la presse. C'était important d'être mobilisé il y a un an. Des tas de choses ont été faites alors, mais l'air du temps n'est plus à cela. On arrive à un degré où tout le monde est sur les dents, le "Je suis Charlie" est un peu oublié."

Presse Océan : "Imaginons (ne le souhaitons pas évidemment) qu'un événement comparable se produise à l'encontre d'un média, les Nantais seraient-ils aussi prompts à descendre dans la rue ?"

Jean-Michel Nagat : "S'il y avait un fait majeur, tout le monde se rassemblerait, je n'ai pas de doute là-dessus. Que les attentats du 13 novembre soient passés par là ou non."


Propos recueillis par
Lucie Beaupérin 

Bio express : Jean-Michel Nagat est président du club de la presse de Nantes et journaliste reporter d'images à Télénantes.

 

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