Recevez gratuitement la lettre d'information générale de Presse Océan.
Chaque matin, l'essentiel de l'actu est déjà dans votre boîte mail.

Je m'inscris !

Nantes [VIDEO] Royal de Luxe VS Coca : bataille judiciaire des géants lancée

2 04.09.2014 12:47
Capture d'écran du Géant version Coca-Cola

Capture d'écran du Géant version Coca-Cola

DR

La bataille judiciaire est officiellement lancée depuis ce matin entre la multinationale Coca-Cola et la troupe nantaise de théâtre de rue Royal de Luxe, qui l'accuse d'avoir plagié ses célèbres "géants" dans une campagne de communication mettant un scène le Père Noël.

Jacques Leroy, le président de la compagnie de théâtre, a un peu le sentiment de mener "un combat de David contre Goliath", mais "la taille de l'adversaire" ne lui "fait pas peur". "C'est une question de morale", assure-t-il à l'AFP. L'association a attaqué en juin le numéro un mondial des boissons non alcoolisées pour "parasitisme": Coca-Cola n'a pas seulement "pillé ses créations" et "capté sa notoriété", la firme a aussi adopté "un comportement gravement contraire à l'éthique des affaires", martèle l'avocat de Royal de Luxe, Me Frédéric Boucly.

Jeudi, les parties avaient un premier rendez-vous devant le tribunal de commerce de Nanterre. Au coeur des hostilités, un père Noël qui n'a pas fait plaisir à tout le monde, en cette fin 2012. A l'approche des festivités, Coca-Cola lance une campagne de communication sous la forme de spots à la télévision, au cinéma et sur le web, diffusés dans 61 pays, selon l'avocat. Dans ce clip visible sur internet, un camion rouge dépose , un 24 décembre, un gros paquet blanc au beau milieu d'une ville triste. Surprise: un gigantesque Père noël en sort, et se met à défiler dans la rue, telle une marionnette manipulée par des habitants qui tirent des fils.

Le Santa-Claus de Coca-Cola a tout du célèbre "géant" de Royal de Luxe, personnage poétique rendu vivant par une armée de "lilliputiens" et une ingénieuse machinerie, "marques de fabrique" de la troupe. S'estimant victime d'un détournement de notoriété, l'association, fondée en 1979 par son metteur en scène emblématique Jean-Luc Courcoult, demande des dommages et intérêts importants, sans en préciser le montant.

Face aux accusations, Coca-Cola s'était défendu dans Presse-Océan fin décembre 2012, affirmant que "Royal de Luxe ne peut pas réclamer le copyright sur l'idée d'utiliser une marionnette géante". Le groupe avait aussi diffusé un QNA (questions et réponses) en interne dans lequel il réfutait tout plagiat: "nous ne produisons pas de théâtre de rue avec la marionnette de Père Noël (...) notre personnage est unique sous cette forme". 

Un échange de courriels

Quelques mois avant la diffusion de la campagne, Royal de Luxe reçoit de nombreux courriels de Coca-Cola et d'agences de communication. Ils lui proposent une offre de partenariat, elle décline. Pas par anticapitalisme, mais par refus "d'être au service d'une marque". "Nous n'acceptons que le mécénat privé", qui assure 80% des finances de l'association, souligne Jacques Leroy. Malgré le refus de Royal de Luxe, "Coca-Cola a continué son projet, en toute connaissance des risques juridiques", attaque Me Boucly, fustigeant "le sentiment d'impunité" et "le cynisme" du mastodonte américain.

Selon l'assignation consultée par l'AFP, des huissiers ont saisi le 24 janvier 2013 dans les ordinateurs de Coca-Cola France à Issy-les-Moulineaux, des courriels mettant en évidence l'intérêt du groupe pour les "géants". Dans un de ces courriels saisis, un collaborateur de Coca-Cola Services France évoque la possibilité de réaliser un Père Noël géant, avant de proposer à Royal de Luxe d'être citée comme "l'inspiratrice de cette belle idée".

Avec l'AFP

Lire aussi :

Nantes Royal de Luxe face au géant Coca-Cola (avec la vidéo mise en cause)

 

Commentaires (2)

Question de morale ??? Allons donc !
sven.jelure jeu, 04/09/2014 - 15:51

Ce genre de spectacle progresse par apports successifs. Chacun s'inspire des autres. Royal de Luxe n'a inventé ni les géants, ni les marionnettes, mais a porté leur croisement à un niveau jamais atteint auparavant. Coca-Cola a apporté à son tour un perfectionnement dans l'expression et l'animation du visage de son Santa Claus ; le mouvement des yeux, en particulier, lui confère un air gai et bienveillant que les géants de Royal de Luxe n'avaient jamais eu. Et si vous regardez la grand-mère de Royal de Luxe, vous vous direz que cet apport de Coca-Cola n'a pas été perdu pour tout le monde.
De même dans la scénographie : les marionnettes de Royal de Luxe ont toujours été pilotées par des opérateurs en livrée. Dans le film de Coca-Cola, Santa Claus est animé par un mouvement populaire spontané. Il s'agit évidemment d'une mise en scène difficile à reproduire dans un spectacle de rue ; Royal de Luxe ne l'a donc pas reprise, mais elle montre que la vidéo de Coca-Cola est loin d'être une imitation servile de ses spectacles.
Par ailleurs, la différence entre "mécénat" et "être au service d'une marque" est ténue ! Royal de Luxe n'aurait pas voulu d'une mention de remerciement dans le générique de la vidéo de Coca-Cola ? Mais en quoi est-il différent d'être cité comme le "Giant Finale" du congrès de l'International Festival for Business, manifestation du patronat britannique, à Liverpool (voir http://lameformeduneville.blogspot.fr/2014/03/royal-de-luxe-coute-presqu...) ? Pourquoi afficher Crown Resorts, leader controversé des casinos en Australie, comme "Presenting Partner" du prochain spectacle de Perth (voir http://lameformeduneville.blogspot.fr/2014/07/une-commemoration-militair... et http://corporate.perthfestival.com.au/About/The-Giants) ?
Royal de Luxe agite les nobles principes du droit d'auteur, or il ne poursuit pas Coca-Cola sur cette base mais au nom d'un principe du droit commercial, et ce devant le tribunal de commerce de Nanterre !

Une affaire de gros sous
Cyril jeu, 04/09/2014 - 13:39

Quand je disais que le spectacle de Royal Deluxe de Juin dernier était uniquement une affaire de gros sous destinée à enrichir une minorité de personnes au détriment des contribuables (ardoise de plus de 2 millions d'Euros), j'étais considéré comme un pestiféré par mon entourage.
Cette affaire démontre une nouvelle fois que j'ai raison.

 

Connexion utilisateur
Vous pouvez vous connecter avec votre compte facebook.
Vous pouvez vous connecter soit avec votre nom d'utilisateur assigné, soit avec votre adresse e-mail.
Le champ mot de passe est sensible à la casse.
inscription à la lettre d'information générale
logo Presse Océan

Vous avez aimé cet article ?

Recevez gratuitement la newsletter Presse Océan.

Chaque matin, l'essentiel de l'actu est déjà dans votre boîte mail.