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Nantes Insolite. Le premier studio radio au 27 de la rue Deshoulières

1 19.03.2017 16:45
Le 27 de la rue Deshoulières à Nantes

Le 27 de la rue Deshoulières à Nantes

Photo PO - SP

En quête d'histoires. Ce sont des lieux, des hommes et des femmes de Nantes, dont la mémoire se perd et s’évanouit au fil des ans. Le journaliste Paul Gautier, qui effectua sa carrière à France 3, revient sur une histoire oubliée.

« J’ai débuté ma carrière comme journaliste-caméraman au 27 de la rue Deshoulières dans ce qui avant la dernière guerre était l’Ecole Primaire Harrouys », écrit Paul Gautier.

« A l’issue de la seconde guerre mondiale (1), la RTF, soit la radiodiffusion-télévision française), qui opta alors pour la modulation d’amplitude, comptait dix directions Régionales, dont une fut installée à Rennes. Ne pouvant ignorer Nantes dans la France de de la Radiodiffusion, entre 1950 et 1955 on octroie à Nantes une petite fréquence de faible puissance à partir d’un émetteur qui se trouvait à Montbert afin qu’il ne soit pas dit que Nantes soit mal considérée, dans ce domaine,  par l’Etat.  C'était au 27 de la rue Deshoulières, l’émetteur se trouvant à Montbert.

Les Nantais eurent ainsi l’impression d’avoir leur radio. Une partie de l’Ecole de la Rue Harrouys fut attribuée à la RTF. Un préau se transforma en studio radio. On installa de quoi faire des émissions de Radio qui ne seront perçues que par très peu d’auditeurs vu la puissance attribuée. C’est ainsi que nait la radio à Nantes qui porte sur quelques rues seulement. Cette Radio de faible puissance est animée par des gens de talents mais en plus, elle sert de Radio-Scolaire-Universitaire. Elle diffuse ainsi des programmes scolaires, enregistrés ou en direct. Des professeurs viennent rue Deshoulières « débiter » leur cours respectif. Cela durera jusqu’au moment où Christiane Chadal sera nommée Directrice de la branche Radio au sein de l’immeuble occupé par France (Régions) 3 aujourd’hui.

Les frères Couturier, Marcel Le Breton, Monique Créteur...

"Le compositeur de musique Jacques-Yves Desprès alias Jacques Delacroix gérait cette antenne. Il s’entoure alors d’une équipe de gens compétents. On y trouve les frères Couturier, Marcel Le Breton, Monique Créteur, Gérard Fruneau alias Nicolas Silberg, Jacques Lechat, M. Criqui, la journaliste Louise-Françoise Hervieu et bien d’autres. On dit même que Jacques Demy faisait partie de cet aéropage Ils vont monter des dramatiques Radio, des émissions culturelles et créent ainsi autour de ce 27 de la rue Deshoulières une animation culturelle certaine sans en avoir la prétention. On n’y parle pas sport mais cinéma, théâtre, musique, peinture avec Lenormand dit Len, quelquefois de Broca ou Grandjouan. Il ne faut oublier qu’à cette époque, il y avaient à Nantes trois galeries de peinture renommées dans tout l’Ouest : Mignon-Massart (rue Boileau) Moyon-Avenard(passage Pommeraye) et à un degré moindre Bourlaouën (près de la Cathédrale). En musique, ce qu’avait mis en place le Chanoine Courtonne ne s’était pas éteint avec sa mort."

Dix ans d’existence

"Recruté en Octobre 1964, j’ai dû quitter Nantes pour participer à la création d’une douzaine de stations régionales de France 3 et n’y revenir qu’en 1968. En 1975, Bernard Griveau, Directeur Régional à Rennes, en accord avec la Direction de la Chaîne me demande de mettre sur pied le premier magazine sportif de France 3. J’accepte cette responsabilité et donc n’ai pas pu suivre l’évolution de cette Radio.

Durant plus de 10 ans, la station de la rue Deshoulières fut renommée au rayon culturel à Nantes au même titre que CMD (Chant Musique et Danse) du Dr Meeus, les JMF, Le Club de Cinéma animé par Bernard Lerat (adjoint au maire André Morice) ou encore Connaissances du Monde.

La date de fermeture intervient le jour où toute la radio est recentrée sur l’Ile Beaulieu avec la Télévision. C’est-à-dire début 1974. 

C’est donc là une histoire que j’ai vécue. Je suis arrivé à Saint Stanislas en septembre 1949 où j’ai eu comme professeur un certain Jean Marie Année, pigiste sportif à Ouest France qui m’a donné le goût et la passion du journalisme ».

(1), En savoir plus

"Après la guerre la France choisit pour le Radio, la Modulation d’Amplitude alors que l’Allemagne, par exemple, choisit la modulation de Fréquence. Dans la modulation d’amplitude qui utilise des ondes longues, moyennes ou petites, c’est la puissance de l’émetteur initial qui prévaut. A cette époque, la France est couverte nationalement par un gros émetteur qui se trouve à Mehun sur Yèvre et transmet Inter, musique, culture. A Rennes, un émetteur qui se trouve au sud-ouest de Rennes, Thourie je crois, émet en moyennes ondes (portée limitée) sur l’Ouest de la France dont Nantes". 

 

 

 

Ecrivez-nous à « En quête d’histoires », 15, rue Deshoulières 44 000 Nantes. Ou par mail à : stephane.pajot@presse-ocean.com

 

 

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