Ce vendredi soir doit débuter la "ManiFestiZad" de Notre-Dame-des-Landes, manifestation sous forme de festival de musique militant contre l'aéroport du grand Ouest. Mais ces trois jours de concerts auront-ils bien lieu ?
"La manifestation aura bien lieu"
Pourtant annoncée depuis des semaines, la manifestation semble bien compliquée à organiser pour les opposants. Outre les complexités logistiques inhérentes à ce type d'événement, les anti-aéroport se plaignent, dans un communiqué publié ce vendredi, d'une préfecture qui mettrait selon eux "en danger des milliers de personnes".
"Depuis ce matin, tout est bloqué aux entrées de la ZAD, dénoncent les opposants. Que ce soit de la nourriture, des structures, du materiel médical et même les toiles de tente des manifestants ! En gros tout ce qui peut servir de près ou de loin au bon déroulement de la ManiFestiZAD. La majorité du matériel de sonorisation et quelques chapiteaux étant deja sur place, la manifestation aura bien lieu. Toutefois la sécurite sanitaire des participants s'en trouve fortement impactée : plus d'abris ni de tentes pour dormir au chaud la nuit, plus de matériel médical de premier secours et une tension évidente ne pouvant conduire qu'à des affrontements."
Le festival déplacé ?
"Affrontements", le terme est lâché. Car aux dires des anti-aéroport, "loin de vouloir calmer la situation, la préfecture semble donc vouloir créer de nouveaux champs de batailles" : "Par cette situation, elle fait surtout en sorte de favoriser les accidents sanitaires lors de cette manifestation festive", ajoutent-ils.
Conclusion des "ZADistes" ? La préfecture "en assumera pleinement les conséquences" : "Cette manifestation se voulait festive, si les provocations continuent nous n'hésiteront pas à déplacer la manifestation au centre-ville de Nantes." A son tour la menace est lâchée.
Sur place vendredi soir
La gendarmerie filtrait étroitement vendredi soir les accès au site du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes, où les opposants tentaient d'organiser un concert de soutien à leur mouvement.
Des barrages étaient installés sur les principales voies d'accès à la Zone d'aménagement différé (ZAD) prévue pour la construction du futur aéroport nantais, ont constaté des journalistes de l'AFP. Certains accès, comme la D281, étaient totalement bloqués, même pour les personnes arrivant à pied.
Dans le bourg de Notre-Dame-des-Landes peu avant 18h, quelque 350 voitures étaient stationnées, et un millier de personnes comptabilisé.
Conséquence, le maire de la commune réunit ses adjoints en urgence ce vendredi soir pour s'organiser face à l'afflux de "festivaliers" dans le bourg.
Plus d'informations samedi 5 janvier dans Presse Océan.

