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Notre-Dame-des-Landes Zad : « On ne se laissera pas virer »

0 08.01.2016 15:28
  • NATHALIE BOURREAU

    Affrontements à la Chataigneraie (archives)

  • NATHALIE BOURREAU

    la ferme de Saint-Jean-du-Tertre est située sur l'emprise du projet d'aéroport.

  • NATHALIE BOURREAU

    Des tracteurs seront utilisés en cas de tentative d'évacuation de la zad par les forces de l'ordre.

  • NATHALIE BOURREAU

    De nombreuses barricades pourraient être montées en cas de tentative d'évacuation. (archives)

Toute tentative d’évacuation de la Zad, sera vécue comme une agression. Agression qui appellera une réaction.


«Merci de nous signaler toute information sur d’éventuelles présences de flics ou d’engins de travaux autour de la ZAD au numéro d’urgence : 06… » Ainsi débute le texte publié par les zadistes chaque semaine et intitulé « Les nouvelles du front ». Cet appel à la vigilance doit permettre de réagir rapidement en cas de tentative des forces de l’ordre de faire évacuer la Zad. Car Manuel Valls a été clair en octobre dernier : « Ce projet (d’aéroport NDLR) nous le soutenons et il se fera » avant de renchérir quelques semaines plus tard : « Il est hors de question de laisser un kyste s'organiser ». Depuis, les procédures judiciaires ont été relancées et les rumeurs d’évacuation se font insistantes.
Des réactions, « en cas de nouvelle attaque sur la Zad ou démarrage des travaux ,» ont été planifiées depuis plusieurs mois par les occupants de la Zad et opposants à l’aéroport. Dès le premier jour de l’opération, ils appelleront à mener des actions coordonnées : blocage des routes, opérations escargot sur les points d’accès à la Zad mais aussi sur les grands axes et points stratégiques de la région, occupations de lieux du pouvoir. Des manifestations chaque samedi à Nantes cloront chaque « semaine d’opération ». Les zadistes comptent aussi mener des actions nocturnes de « casserolades » et autres manifestations sonores devant les hôtels où seront logés les policiers et gendarmes.


« Les empêcher d’avancer »


Cette bataille, les zadistes ne savent pas si elle aura lieu, ils sont en tout cas prêts à la mener. « Il y aura plein de manières différentes de défendre la Zad. Des gens remonteront dans les arbres, il y aura des barricades, on a une liste de tracteurs immédiatement mobilisables pour défendre les habitations. On ne se laissera pas virer », assure Jean-Pierre*, zadiste. Par la violence? « Personne ne veut faire de mal à un être humain. L’objectif sera d’empêcher les forces de l’ordre d’avancer, de les perturber. Aujourd’hui la violence n’est pas de notre côté, c’est l’État qui va venir ici pour détruire nos maisons », indique Jean-Pierre qui est sur la Zad depuis 5 ans. Certains habitants des environs évoquent des bidons de carburant prêts à être enflammés, des pièges avec des pointes sur des planches, des bonbonnes de gaz empilées... « Enflammer des barricades, vous trouvez ça violent? », élude Jean-Pierre. Interrogé, Sylvain Fresneau, agriculteur et opposant historique à l’aéroport, répond laconiquement : « Pas de commentaire ».

« Notre-Dame-des-Landes est symbolique »


Jean-Pierre compte sur une mobilisation populaire d’envergure et un enlisement politique pour faire échec à une tentative d’évacuation musclée. « Expulser des agriculteurs en plein hiver, saisir leur cheptel, les menacer d’amende, ça va provoquer une grosse colère et remobiliser les gens. Et puis Notre-Dame-des-Landes est symbolique à plusieurs titres : la lutte contre le réchauffement climatique; le dysfonctionnement de la démocratie avec des enquêtes publiques qui ne prennent finalement pas en compte l’avis des populations; la destruction des terres agricoles et la volonté de retour à une production locale des aliments, l’envie de sortir de l’individualisme, la lutte contre l’aménagement marchand du territoire. C’est un révélateur des enjeux de société. Est-ce que le gouvernement est prêt à dévoiler ce qui se cache derrière ce conflit? », questionne Jean-Pierre. « Ce qui se passe ici donne de l’espoir à plein de gens », ajoute-t-il.

« La victoire est possible »


Certains zadistes, optimistes, pensent que l’évacuation ou sa tentative, si elle a lieu sera un échec. Alors ils réfléchissent à l’après. Que faire de cette hypothétique victoire? Comment continuer à vivre sur la Zad? Comment cohabiter avec les agriculteurs? « Si le projet d’aéroport est abandonné, on veut que tout le monde reste. Ce sera aussi une bataille. Ce qui a été expérimenté depuis plusieurs années, cette autre façon de vivre, d’habiter, doit se poursuivre. Cette zone doit continuer a être exploitée collectivement », estime Jean-Pierre. Sauf que les habitats légers ou autoconstruits seront toujours dans l’illégalité. « Nous n’avons pas le droit de construire ou d’habiter ici », reconnaît Jean-Pierre qui évalue à une soixantaine le nombre de lieux de vie sur la Zad. «De toute façon, vivre autrement dans ce monde, c’est un rapport de force permanent. »

 


*Prénom d’emprunt
Mathieu Gibet

 

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