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Procès Xynthia Il avait tiré la sonnette d'alarme dès le début des années 2000

0 01.10.2014 12:42
Stéphane Raison, en 2007 à Noirmoutier

Stéphane Raison, en 2007 à Noirmoutier

Photo archives-PO

Stéphane Raison, ancien chef du service maritime et des risques de la DDE de Vendée, avait pointé dès le début des années 2000 les risques majeurs encourus par la commune de La Faute-sur-Mer. Il témoigne cet après-midi au tribunal des Sables-d’Olonne.
« La commune s’est urbanisée de façon importante dans les années 1980 et aujourd’hui plus de 3 000 maisons sont construites derrière ces digues en 40 000 personnes fréquentent quotidiennement la commune en été. La rupture des digues sur ce secteur engendrerait des dégâts majeurs aux biens et aux personnes ». Constat prémonitoire que celui dressé en octobre 2008 par Stéphane Raison, ancien chef du service maritime et des risques de la direction départementale de l’équipement (DDE) de la Vendée, à l’occasion des Xes journées nationales génie côtier-génie civil, organisée à Sophia Antipolis à Nice. Deux ans avant la tempête Xynthia qui dans la nuit du 27 au 28 février 2010 a durement frappé la commune de La Faute-sur-Mer en Vendée où 29 personnes ont perdu la vie, cet ingénieur en chef des ponts, des eaux et des forêts pointait déjà la vulnérabilité de la commune face aux risques de tempête.


Aujourd’hui président du Grand Port maritime de Dunkerque, Stéphane Raison rappelait alors que la vulnérabilité de la côte vendéenne, avec ses vastes espaces poldérisés protégés par 103 km de digues, était connue de tous et faisait l’objet d’études universitaires régulières. À tel point que dès 2000, les services de l’État ont élaboré un atlas des zones de submersion marine. « Cette cartographie est diffusée à l’ensemble des communes, elle sert de base à la mise en plan d’un plan de prévenbtion des risques de submersion marine dans l’estuaire du Lay, sur les commuens de La Faute-sur-mer et de l’Aiguillon-sur-Mer où la conjonction de deux phénomènes, de crue dans l’estuaire du Lay et de submersion marine pourrait avoir un impact très important sur les zones densifiées à l’arrière d’un réseau de digues vieillissant », expliquait Stéphane Raison dénonçant l’urbanisation de La Faute-sur-Mer sur des espaces gagnés sur la mer, sans tenir compte de la mémoire du risque, les événements exceptionnels s’étant succédé en 1928, 1940 ou 1999.

"Un véritable déni"
En 2005, la municipalité de La Faute avait réalisé un diagnostic des digues à la demande de la préfecture. Il en était ressorti que l’altimétrie  de crête de digue était insuffisante de 50 à 70 cm pour faire face à des événements extrêmes. Entendu en juillet 2010 par la mission parlementaire sur les conséquences de la tempête Xynthia, Stéphane Raison avait rappelé les nombreuses actions de communication menées par la préfecture sur la commune de La Faute-sur-Mer et de L’Aiguillon-sur-Mer « mais que les élus locaux n’avaient pas pleinement tiré les conséquences de ces informations en raison d’une défaillance de la mémoire du risque qui peut parfois mener à un véritable déni ».
Autant dire que son témoignage cet après-midi est très attendu.


Dominique Bloyet


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