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10 ans de Zénith Denis Turmel, entretien avec un directeur rock’n’roll

0 08.12.2016 13:02
DENIS TURMEL, DIRECTEUR DU ZENITH DE NANTES, ATTEND LA DECISION DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF SUR L'AUTORISATION OU NON DU SPECTACLE DE DIEUDONNE

DENIS TURMEL, DIRECTEUR DU ZENITH DE NANTES, ATTEND LA DECISION DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF SUR L'AUTORISATION OU NON DU SPECTACLE DE DIEUDONNE

NATHALIE BOURREAU

Figure de la salle nantaise Denis Turmel est à ses commandes depuis 10 ans. Qui est donc ce personnage arrivé dans la cité des Ducs pour l'occasion ? Quelle est sa vision de son Zénith ? Rencontre.


À l’occasion du dixième anniversaire du Zénith Nantes métropole, des étudiants d’Audencia SciencesCom ont travaillé sur ce qui fait le succès de la structure culturelle depuis son inauguration le 2 décembre 2006. Des insolites, des dates clés, des témoignages,… Retrouvez chaque jour sur notre site internet ces reportages qui vous emmènent dans les coulisses du Zénith.


Le Zénith nantais fête ses 10 ans avec toujours le même directeur à sa tête. Diplômé d’administration et gestion des affaires, Denis Turmel a dès le début de sa carrière évolué dans un contexte musical. Il est tout d’abord chargé de mission aux fonds pour la création musicale pendant 9 ans. Le Monsieur Zénith évolue rapidement pour atterrir en 2006 à la tête de la plus grande salle de spectacle de France hors Paris et Lille. Entretien avec cette homme simple, d’une grande prestance qui nous dévoile son parcours professionnel en toute humilité.

Vous étiez à l'origine à Paris. Pourquoi être venu à Nantes ?

Daniel Colling, à l’époque directeur du Zénith de Paris, et à l’origine du festival du Printemps de Bourges, était à la recherche d’un directeur à la tête du tout nouveau Zénith nantais. Celui-ci m’a alors sollicité et j’ai ainsi accepté son offre. Celle-ci était l’opportunité de changer d’air en partant de Paris ou j’ai vécu pendant 40 ans.

De Paris à Nantes le changement n’est pas radical ?

De par les fonctions que j’ai occupées auparavant je peux vous assurer que Nantes bénéficie d’une proportion très importante d’offres musicales, notamment à travers des lieux comme le Zénith, Stereolux, la Fleuriaye. En effet par rapport à la taille de la ville, la diversité et la densité de programmations est proprement hallucinante.

Quelle est la ligne éditoriale du Zénith nantais ?

Le Zénith ce n’est pas de la programmation. L’idée c’est de permettre à tous les publics en terme de tranches d’âge et goûts musicaux de trouver leur compte dans l’offre que l’on propose ! Le Zénith est avant tout une salle que l’on loue aux producteurs, aux structures comme ce soir, où nous accueillons la manifestation entrepreneuriale des jeunes dirigeants. Il n’y a pas de ligne éditoriale à proprement parler et c’est cet éclectisme, cette pluralité qui définissent l’identité du Zénith de Nantes. C’est une auberge espagnole qui le revendique haut et fort.

Le Zénith est-il un acteur majeur de l’accès à la culture ?

Pourquoi en province on ne pourrait pas venir voir Placebo par exemple ? Quand on pense accès à la culture on pense tarification incitative. Or, certes celle du Zénith est plus élevée que celle des SMAC ou scène nationale, mais cela s’explique par le fait que le Zénith n’est pas subventionné et que les producteurs agissent sans filet dans un domaine totalement privé. Pour autant le Zénith est une salle qui attire aujourd’hui toutes les catégories socio-professionnelles confondues. Après ce n’est pas à moi de dire si Placebo ou encore Parov Stelar sont de la culture, c’est à vous, au public de le dire !

Peut-on dresser le portrait du spectateur lambda du Zénith ?

La multiplicité de l’offre proposée est en corrélation avec la nature du public qui y participe. Il n’y a pas de portrait de spectateur, l’offre est éclectique à l’image du public qui vient assister aux spectacles. Un jour on accueillera Disney sur glace, on aura alors un public d’enfants avec des grands parents ou des parents, et un autre jour se sera au tour de System of a Down avec des métalleux.

Le Zénith, acteur du développement durable ?

Le Zénith est engagé dans la cause environnementale. En effet moi même membre de l’ALPO je peux vous certifier que ce n’était pas un simple coup de communication. Moi et mon équipe nous nous sommes intéressés à cette lutte bien avant que Nantes devienne capital verte européenne. Nous avons ainsi fait un bilan carbone et suite à ça, nous avons pris les mesures nécessaires afin de réduire notre émission de gaz à effet de serre, grâce notamment au tri, au recyclage et à la valorisation des déchets.

Quelles sont les compétences propres à un directeur d’une salle aussi imposante que celle-ci ?

Je ne suis pas un capitaine d’industrie en revanche les compétences propres à un directeur de Zénith sont celles semblables à un directeur de PME. C’est savoir piloter les équipes de prestataires qui peuvent aller jusqu'à 150 lors de grands évènements. Le métier présente un coté bicéphale, schizophrène à travers la diversité des casquettes qu’il faut adopter. Ce qui fait l’intérêt du métier à mon sens.

Le changement de maire, de Jean Marc Ayrault à Johanna Rolland, a -t-il eu un impact sur la vocation du Zénith ?

C’est la même couleur politique, ce sont deux dirigeants qui approchent de la même façon la philosophie culturelle. Ils ont les mêmes préoccupations et objectifs. Cependant Johanna Rolland n’est pas Jean Marc Ayrault. Elle a des attentes plus précises sur certains points comme l’accès à la culture pour tous, avec le développement de pass de réductions pour les classes les moins aisées.

Cela fait 10 ans que vous êtes à la tête du Zénith pensez vous poursuivre dans cette voie ?

Le mandat de la direction du Zénith est de 8 ans, cela permet en effet de se remettre en question, mettre des actions en place sans pour autant avoir trop le temps de se laisser aller. Le prochain renouvellement aura lieu en 2018 et je n’hésiterai pas à représenter ma candidature ! Pour autant la concurrence sera surement rude car Nantes est une ville attractive en plein essor.

Et sinon quels sont vos goûts musicaux ?

Clisson ! Le Hellfest ! En vieillissant je m’ouvre à d’autres styles musicaux mais le noyau dur est bien le métal et le Hard Rock. J’ai été immergé, dès le plus jeune âge, dans la musique de Led Zeppelin, Aerosmith ou encore Black Sabbath. Ce sont mes grands frères âgés de 8 et 9 de plus que moi qui m’ont transmis cette appétence pour la musique hard rock. Au final le hard rock c’est comme le communisme c’est normal d’y passer, un peu plus étrange d’y rester.

Comment vous décrirait votre équipe qui est à vos cotés au quotidien ?

Je suis sourd (rires) ! Impossible de savoir ! Posez leur la question. Mais ne me faites pas voir la réponse ! C’est compliqué… J’ai beaucoup de défauts mais je pense que je sais déléguer à mes collaborateurs, leur donner de l’autonomie, une certaine latitude pour travailler à partir du moment où je leur fais confiance.

Quels sont vos moments de bonheur en tant que directeur du Zénith ?

Quand tu vas à la sortie du spectacle et que tu vois des personnes qui ont la banane je me dis que je fais le plus beau métier du monde ! Les personnes ont chacune leurs problèmes, leurs difficultés de vie mais ici ils s’offrent une bulle. Tu sens que les gens ressortent gonflés. C’est royal quand tu te dis que tu participes un temps soit peu à favoriser la joie chez ces personnes.

 

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