
Convaincue que son mari lui est infidèle, Catherine décide d'embaucher une escort girl afin de tester son époux. Les récits torrides que cette dernière rapporte à Catherine vont profondément la troubler.
« Merci pour la nuit dernière. » Le texto qu'elle lit sur le portable de son mari a quelque chose d'intrigant et de compromettant. D'autant qu'il est étrangement rentré très tard à la maison à cause d'un avion manqué, jure-t-il. Catherine, médecin bien installée dans sa vie bourgeoise, veut en avoir le coeur net. Elle paie une jeune escort girl pour qu'elle se jette dans les bras de David, professeur de musique un peu bohême. En la priant de lui raconter ensuite par le menu le déroulé de ses rencontres.
Grande première pour le Canadien Atom Egoyan. Le scénario de son treizième film n'est pas de sa plume. Pourquoi effectivement se triturer les méninges à confectionner une histoire de son cru quand une autre main, celle d'Erin Cressida Wilson l'auteur de La secrétaire et de Fur: un portrait imaginaire de Diane Arbus, travaille les thèmes qui vous sont habituellement chers. Donc le cinéaste des Beaux lendemains et de Exotica joue ici avec ses questionnements sur la solidité du couple, le mécanisme de la séduction, les ambiguïtés des apparences, la quête de sensations inédites, les traquenards de la manipulation ou les effets de l'âge. Un jeu du chat et de la souris dont les protagonistes alternent les rôles pour se laisser prendre tour à tour au piège qu'ils croyaient avoir maîtrisé. Le tout dans une atmosphère de thriller sophistiqué car l'intrigue se noue au coeur d'une bonne société qui a toutes les apparences du confort matériel au quotidien. Mais ce décor de certitudes se fissure peu à peu sous les coups tordus que les uns et les autres manigancent. La vénéneuse Amanda Seyfried (Jennifer's body, Mamma mia!) est l'instrument innocent et fragile dont jouent tour à tour un solide Liam Neeson et une troublante Julianne Moore.
L'élégance et le raffinement de la mise en scène entretiennent tout du long la tension nécessaire dans un récit à tiroirs. Comme la marque de fabrique d'un cinéaste accompli. Mais il manque peut-être à cette production courante la patte personnelle que l'on attend d'un auteur tel qu'Atom Egoyan.