
À bientôt 40 ans, Etienne, sur le point de prendre la présidence de son groupe, veut soulager sa conscience d'une injustice qu'il a commise au début de sa carrière et qui, précisément, l'a lancé sur la voie de la réussite.
Tout roule pour Etienne. Il a avec lui ce qu'il considère comme les trois éléments nécessaires à la réussite: le travail, le talent, la chance. Bientôt quadragénaire, il s'apprête à prendre en mains les rênes d'une société que va lui transmettre son beau-père.
Mais un scrupule le taraude. Il a fondé sa fortune en volant autrefois la formule d'un produit nettoyant miracle établie par un modeste chercheur. Il retrouve sa victime mais l'entretien, sous l'oeil d'un ancien copain de lycée tout juste redécouvert, finit dans le sang.
De fil en aiguille, un enchaînement inéluctable de pépins et de catastrophes, que tout le monde sauf lui voit venir, pour tisser la toile de ses malheurs. C'est un ressort à suspense archi connu et rebattu, ici utilisé par Grégoire Vigneron pour ses débuts à la mise en scène. Scénariste consacré, on lui doit les réussites de Molière, de Prête-moi ta main ou du Petit Nicolas. Mais étrangement, c'est le canevas de son thriller, pourtant élaboré avec Laurent Tirard son complice habituel, qui en rend le déroulé prévisible et convenu, et sur la fin carrément ridicule. Des personnages stéréotypés, des situations téléphonées, des dialogues pompeux donnent à l'ensemble une tonalité formatée que les interprètes ne parviennent pas à secouer. De Benoît Magimel à François-Xavier Demaison en passant par Julie Gayet, la bonne application de tous est impuissante à pimenter de surprises le déroulé tranquille d'un destin inéluctable.